Le Peacock Society Festival revient les 17 et 18 février prochains avec, entre autres : Larry Heard

Le Peacock Society Festival revient au parc floral de Vincennes les 17 et 18 février prochain pour sa seconde édition hivernale. Format étiré, grands noms, découvertes… PiiAF se penche sur ce volet 2017, à quelques semaines de l’ouverture.

Après une pause de quelques mois, l’agitation autour du Peacock Society Festival a repris début novembre. A ce moment là, l’organisation ouvre la billetterie de son édition hivernale en révélant seulement deux noms du line-up… Le premier, Ben Klock, squatteur invétéré des festivals, ne créé pas vraiment la surprise... En revanche, l’excitation monte sur les réseaux sociaux à l’annonce de la venue de Larry Heard, légende de la house de Chicago. « C’est l’événement de cette édition », reconnait Clément Meyere, programmateur du festival : « Il n’est pas venu en France depuis de nombreuses années et il ne s’est pas produit en live depuis longtemps ». Celui qu’on connaît aussi sous le patronyme Mr Fingers, créateur de tracks house et acid cultes comme « Can you feel it » ou « The sun can’t compare », offre alors un teasing de choix au festival.

Mais depuis novembre, le line-up s’est allongé et nous avons pu constater avec plaisir que Peacock ne mise pas uniquement sur quelques gros noms et propose une affiche riche et éclectique, faisant la part belle aux artistes émergents et locaux.

Parmi ces derniers, on a hâte de découvrir The Pilotwings, programmé le samedi 18. Le duo lyonnais, porteur d’un « renouveau de la house » pour Clément Meyere, a sorti en septembre dernier Les Portes Du Brionnais sur le label BFDM. Un album envoûtant aux accents italo disco, qui nous fait voyager au fil de tracks aux noms improbables, vers des îles ensoleillées, abandonnées dans les années 80. Une œuvre sur laquelle on a du mal à poser une étiquette, ce qui la rend d’autant plus fascinante.

« Les jeunes artistes qu’on a programmé comme Pilotwings, Anetha des soirées Blocaus ou encore Simo Cell, très respecté à l’étranger, représentent chacun dans leur style des directions abouties de la musique électronique française... »  souligne Clément Meyere.

The Pilotwings - Les Portes Du Brionnais : 

 

Une édition plus arty

En 2016, le Peacock hivernal n’a duré qu’une nuit alors que celui de juillet en a compté trois. Cette année, l’équipe du festival a décidé d’uniformiser les deux éditions, qui se dérouleront chacune sur deux soirées. Pour autant, les deux volets ne sont pas pensés à l’identique, comme le détaille Clément Meyere : « L’édition d’hiver se veut plus techno, plus arty. L’été, on veut plus mettre en avant le côté festif, la folie. »

Et il est vrai que le côté arty peut s’entrevoir dans la programmation, avec la promesse de performances soignées délivrées par des producteurs de talents. On scrutera par exemple le set de Floating Points. L’anglais a su se faire un nom en dévoilant des productions électroniques complexes, dans lesquelles le jazz tient une place centrale. On retrouve dans ses sets des inspirations du monde entier, et sa performance, le vendredi 17, promet de belles découvertes musicales. On attendra aussi le live de Fatima Yamaha, qui suscite un engouement sans faille de la part du public français depuis la résurrection de son titre de 2005 « What a girl to do », la sortie de l’album Imaginary Lines et la découverte de ses lives planants tout en synthétiseurs. Mais aussi le retour du duo Modeselektor, qu’on a moins vu en dj set depuis l’avènement du projet Moderat, le soundsystem des très éclectiques Cracki Records ou encore la réunion (rare !) des deux membres d’Ame pour un dj set en b2b suivi d’un live.

En bref, de la diversité pour les oreilles et pas uniquement des gros kicks. Ce qui ne manquera pas de séduire un public que le festival a vu évoluer avec lui. « On a assisté il y a 4/5 ans à une explosion de la musique électronique, avec une nouvelle génération qui avait 18 ans à l’époque... » analyse Clément Meyere, qui poursuit : « On sent aujourd’hui que cette génération a vieilli, que leurs goûts ont évolués pour être à la fois plus sûrs et plus variés. Aujourd’hui en festival, on voit moins le côté défouloir qu’il pouvait y avoir à l’époque. On est plus dans l’amour de la musique, le côté connaisseur dans le bon sens du terme. »

Ce public peut également se laisser porter vers d’autres genres musicaux. Agréable surprise que de voir le rappeur canadien Jazz Cartier, que vous avez déjà pu entendre sur les ondes de PiiAF, programmé le vendredi soir. Un pas de côté qui n’est pas un coup d’essai pour le festival, rappelle Clément Meyere : « L’année dernière Mikky Blanco, qui est un performeur impressionnant, avait transformé le dancefloor en salle de concert géante », et qui ajoute : « même si notre ADN est la musique électronique, avec un esprit rave, on veut aussi élargir le spectre et proposer des choses hors des sentiers battus. Et le public réagit bien, parce qu’il est bien plus ouvert qu’on pourrait l’imaginer. »

Jazz Cartier - Tempted : 
 

 

Quant à l’identité visuelle de cette édition, elle est signée Mrzyk & Moriceau, graphistes à qui l’on doit, récemment, le clip de Subways de The Avalanches. Résultat : une affiche bien barrée, débordante de détails d’illustrations, qui recrée pour Clément Meyere « le côté foisonnant de l’univers de Peacock, à la fois élégant et humoristique ».

Cette dualité, l’équipe du festival l’a cultivé au fil des années : « A travers Peacock, on a à la fois une approche très sûre d’artistes qu’on veut défendre, et en même temps une approche plus folle et amusante, pour garder l’esprit festif. »


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Alice Deroide

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